Par ce matin de la Toussaint, sous un ciel de grisaille et dans un air gonflé d’humidité, j’ai reconduit à l’aéroport Charles-de-Gaulle mon amoureux après que ce soit achevé les huit jours de son séjour avec moi à Paris. Je suis moi-même rentrée à l’hôtel pour un petit sursis de 24 heures : en effet demain à la même heure, ce sera à mon tour de m’envoler pour le grand retour à Montréal. Je profite donc des quelques heures qu’il me reste à Paris pour vous offrir un petit résumé des huit derniers jours dans la capitale française, qui furent, comme on peut s’en douter, l’un des moments forts de mon voyage en Europe.
John est arrivé samedi le 24 à 8 h 30 du matin. Je suis allée l’attendre à l’aéroport, ce qui m’a permis d’apprécier que ledit aéroport n’est pas à la porte : vingt minutes de métro, une demi-heure de RER, puis une bonne marche de vingt-cinq minutes à l’intérieur de l’aéroport (c’est de ma faute, j’ignorais dans quel terminal il arriverait) ! Son avion est arrivé avec vingt-cinq minutes de retard. Nul besoin de préciser le bien que ça m’a fait de le retrouver après près de deux mois de séparation, surtout en sachant qu’on avait devant nous huit jours ensemble dans l’une des plus belles villes du monde ! Pour l’heure, nous sommes rentrés à l’hôtel où il a récupéré quelques heures de sommeil. Nous sommes ensuite sortis en soirée pour prendre notre premier souper… pardon, dîner !… français à Paris. Question de lui en mettre plein la vue, je nous ait fait débarquer à la station du musée du Louvre ; ça a eu l’effet voulu : en voyant se dresser le Louvre illuminé et les Pyramides bordé de logements luxueux et avec la tour Eiffel pas si loin à l’horizon, il s’est enfin écrié : “Ok, now I’m officially excited !” Nous avons trouvé une petite brasserie à quelques pas du Louvre et nous y avons mangé à la française : moi une soupe à l’oignon gratinée suivie d’un tartare de saumon, lui un poulet à la normande, le tout arrosé de rosé. (Le rosé : une thématique récurrente de notre voyage !) Nous avons complété la soirée d’une promenade dans Paris illuminé, mais nous sommes rentrés tôt : le lendemain c’était Versailles et il fallait donc se lever tôt !
J’avais déjà visité Versailles avec ma soeur en 2007 mais j’avais tant aimé que je bavais d’envie d’y retourner. J’avais depuis longtemps choisi d’y retourner le 25 octobre parce que coïncidaient, ce jour-là, la dernière présentation des “eaux musicales” (les fontaines du parc mises en marche au son de la musique) et le début d’une nouvelle exposition sur Louis XIV intitulée “Louis XIV, l’homme et le roi”. Malheureusement, je n’étais pas la seule à avoir choisi cette journée : c’était tellement bondé de monde que c’en était infernal ! (D’ailleurs, j’ai perdu mes illusions sur un point : visiter Paris en octobre ou en juillet, ça ne change rien : y’a toujours des touristes partout ici !) Nous avions fait l’erreur de ne pas avoir acheté nos billets préalablement, ainsi il nous a fallu nous taper une file d’une heure pour acheter nos billets, puis une autre file d’une demi-heure pour passer les détecteurs de métal, puis une autre file plus courte pour entrer dans le château. Arrivés à dix heures au château, nous ne commençions notre visite à proprement dit qu’à midi. J’ai entraîné John dans l’exposition sur Louis XIV, qui piquait beaucoup ma curiosité. Et pour cause : c’était très intéressant et très bien fait. Cette exposition présente des objets d’art reliés au Roi-Soleil, soit le représentant, soit commandés par lui, explorant divers aspects de sa personnalité et de son règne via l’art. Chaque salle avait un thème, par exemple : “le roi et la musique”, “le roi et la guerre”, etc., et présentait des oeuvres associées à ce thème. On s’intéressait particulièrement à l’iconographie choisie pour représenter le roi et son règne, ce qui était fort intéressant. Les oeuvres présentées étaient de grande qualité et formaient un échantillon plutôt complet. Mes oeuvres préférées : les trois portraits monumentaux de Louis le représentant à cheval à des âges variés (particulièrement celui enfant, que je n’avais jamais vu) et le fameux portrait de cire fait du roi vieillissant, presque effrayant de réalisme ! Après cette intéressante exposition, nous avons visité le château à proprement dit. Ce ne fut pas très agréable car c’était trop bondé de monde. Nous avons ensuite filé dans les jardins pour nous y perdre un peu (un classique : chercher le Hameau de la reine et finir à St-Clin-Clin sous un orage… n’est-ce pas Geneviève ?) et finalement pour assister aux eaux musicales. À ma précédente visite, les fontaines du jardin n’étaient pas en marche, elles ne le sont qu’occasionnellement. Et je dois dire qu’elles sont l’élément qui fait toute la différence pour pouvoir apprécier la beauté du parc ! D’autant plus qu’il s’est soudainement mis à faire beau au moment où les fontaines se sont animées, ce qui a donné l’impression que les jardins prenaient soudainement vie et s’illuminaient. Ces deux petites heures de promenade dans le parc aux fontaines furent l’un des moments préférés de notre séjour en amoureux à Paris.
Le lendemain, lundi le 26, c’était l’heure de voir le Paris-cliché : promenade autour de la Tour Eiffel, puis le long de la Seine jusqu’aux Invalides. Nous avions l’intention de bien manger et d’après aller faire un tour de bateau-mouche une fois la nuit tombée, pour voir la ville illuminée. Il faisait beau, Paris était belle, bref, c’était fort plaisant. Nous avons déniché un petit café typique pour souper : j’y ait dégusté le meilleur tartare de boeuf de ma vie et John, un magret de canard. Nous avons ensuite filé à l’embarcadère près du pont de l’Alma, d’où partent les fameux bateaux-mouches parisiens. Dû au changement d’heure opéré deux jours plus tôt, la nuit était tombée dès six heures et à six heures trente, nous étions sur le bateau mouche, près pour la fameuse promenade sur la Seine. C’était une croisière très agréable qui nous permettait d’apprécier Paris de la Seine. La ville est joliment illuminée, ce qui fait un très bel effet.
Le mardi, nous nous sommes levés tard pour cause d’abus de rosé cheap la veille ; après un petit-déjeuner improvisé de brie, baguette et jambon cru (vive la France !), c’était la journée-thématique (j’aime les thématiques !) “églises” : au programme, la visite de Notre-Dame de Paris et de la Sainte-Chapelle. Nous avons aimé N0tre-Dame et trouvé que la Sainte-Chapelle était une arnaque monumentale. C’est une minuscule église et elle était en réparation à notre visite, si bien qu’on n’y a vu que des échaffauds. Mais même sans ça, je crois que nous aurions été déçus, surtout après 1 heure d’attente pour y entrer. Puisque nous étions dans le même coin, nous avons aussi exploré le Pont-Neuf, qui, contrairement à ce que son nom peut laisser croire, est le plus ancien de Paris. Nous avons terminé la soirée à l’hôtel à regarder “Le fabuleux destin d’Amélie Poulain”, dans le but de nous préparer mentalement pour notre journée du lendemain à Montmartre !
Le mercredi donc, nous sommes arrivés au pied du Sacré-Coeur, une église blanche au dôme immense dressé sur la butte de Montmartre. Le coup d’oeil était déjà excellent. Question de sauver 1,30 euros sur le funiculaire, nous avons gravi les marches pour nous rendre à l’église à pied. Ce n’était vraiment pas si terrible que ça en avait l’air et la vue sur Paris était très belle. L’église du Sacré-Coeur, gratuite à visiter, nous a aussi beaucoup plu. C’est une église qui a été construite en 1870 après les défaites militaires humiliantes face à l’Allemagne, dans le but de retrouver les bonnes grâces de Jésus… Je trouve ça fabuleux qu’une construction religieuse aussi importante ait été entreprise après la Révolution prétenduement laïque qui a massacré tant d’ouvrages religieux… Lors de la consécration du Sacré-Coeur, les Parisiens ont fait le voeu d’y maintenir une prière permanente : des gens se relaient donc depuis 1870 pour qu’il y ait toujours quelqu’un en train de prier Jésus, 24 heures sur 24, entre les murs de cette église. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, les prieurs s’obstinèrent à rester dans l’église pendant une nuit de bombardements ; malgré 14 bombes lancées dans les environs cette nuit-là, le Sacré-Coeur est resté intact et ses prieurs aussi. On cria naturellement au miracle…
Après la visite du Sacré-Coeur, nous avons marché dans Montmartre et prit un café sur l’une de ses charmantes terrasses. Montmartre, c’est plein d’artistes et de petites rues sinueuses qui enchantent l’imaginaire. Nous avons naturellement voulu voir le Moulin-Rouge, et naturellement, nous fûmes déçus par la petite bâtisse qui ne paie pas de mine qui l’abrite… Puisqu’il nous restait encore du temps, nous avons viré à l’Opéra Garnier sur le chemin de retour de l’hôtel, question de prendre quelques clichés rapidement. Comme les galeries Lafayette n’étaient pas loin, nous avons fait un petit tour dans ce centre d’achats légendaire mais sans rien oser toucher!
Le jeudi, après une visite au musée de l’Armée des Invalides (je n’avais pas initialement prévu y amener John, mais après l’avoir vu prendre 15 photos d’un tank situé dans la cour intérieure des Invalides, je me suis dit que ça lui plairait peut-être finalement…), nous nous sommes promenés dans le coin des Champs-Élysées, de l’Arc de Triomphe à la place de la Concorde.
Vendredi, c’était la journée consacrée au musée du Louvre, que mon amoureux – diplômé en arts plastiques – avait très envie de voir. J’en étais à ma deuxième visite, mais cet endroit est si grand qu’on pourrait y passer une semaine sans avoir tout vu ! Je voulais particulièrement voir les peintres de l’École du Nord, qui sont mes préférés et dont les salles étaient fermées à ma première visite. Je n’ai pas été déçue : ils ont vraiment une fabuleuse collection de peintres hollandais et flamands. Le hall consacré aux vingt-quatre tableaux commandés par Marie de Médicis à Rubens m’a particulièrement enchantée. John a moins aimé : il préfère l’art contemporain et c’est moins le truc du Louvre. Il a donc décidé que le lendemain, pour son dernier jour à Paris, il irait visiter le musée d’art moderne de Paris ; ça ne m’intéressait pas tellement, alors j’ai décidé pour ma part d’aller visiter le musée du Moyen Âge Cluny, qui présente actuellement une exposition sur Astérix. Nous nous sommes fixés rendez-vous à 16 h devant le Panthéon. J’ai beaucoup aimé ma visite du musée médiéval, quoique je ne pense pas qu’il soit d’un immense intérêt pour quelqu’un qui ne trippe pas déjà sur l’histoire. L’exposition sur Astérix mettait en évidence les emprunts faits par ces b.d. à l’histoire et aux oeuvres d’art classiques. C’était fort intéressant.
Nous avons ensuite visité le Panthéon, qui, après avoir été commandé par Louis XV pour remercier Dieu de l’avoir guéri d’une maladie, a été converti à la Révolution en temple laïc aux grands hommes de la patrie. Dans la crypte, qui est une dédale de corridors vides un peu lugubres, se trouvent les tombeaux de plusieurs penseurs, scientifiques et écrivains français, parmi lesquels Voltaire, Rousseau, Pierre et Marie Curie, Victor Hugo, Émile Zola et Alexandre Dumas. (Ce qui me permet de vous dire que je trouve que l’histoire des Trois Mousquetaires est la fresque historique la plus passionnante jamais écrite !) Des panneaux offraient plus d’informations sur la vie et les réalisations des gens inhumés là. C’était un détour très instructif.
J’avais voulu amener John aux jardins du Luxembourg, qui est définitivement l’un de mes endroits préférés à Paris sinon mon endroit préféré à Paris, mais ils étaient fermés dès 17 heures ; nous avons donc dû nous contenter de nous promener dans le quartier latin un peu au hasard. Nous avons pris notre dernier repas français : une bavette de boeuf pour moi et un confit de canard pour lui, on aime nos classiques !
… et donc, John est reparti ce matin, et moi je poireaute encore ici un autre 24 heures avant de faire mon grand retour à Montréal. C’est un départ très anticipé pour moi qui ne voulais revenir qu’à Noël, mais finalement ça me va. J’ai tellement fait de tourisme dernièrement que je n’ai même pas envie de sortir de ma chambre d’hôtel aujourd’hui pour profiter de mes dernières heures parisiennes. J’ai vraiment très envie de renouer avec mes amis et avec mon petit confort routinier. Ce voyage fut très instructif à beaucoup de points de vue… Mais je vous réserve un bel article-bilan pour traiter en profondeur de mes réflexions de voyage ! Pour l’instant, je vous dis : à bientôt à Montréal et à Québec !