Me revoilà, maintenant avec une grosse bedaine de 38 semaines et 3 jours que je traîne de peine et de misère aux rares endroits où je me déplace encore. Les bébés sont considérés à terme à partir de la semaine 37 ; donc, à partir de maintenant, c’est l’attente, elle peut se pointer quand elle le désire. Lily ne bouge plus beaucoup, elle est à l’étroit et elle ne fait plus que donner quelques coups de coude de temps en temps. Néanmoins, elle ne manifeste pas encore le signe de vouloir quitter sa petite maison. Je prends mon mal en patience même si ce n’est pas facile car l’inconfort devient de plus en plus important. Et je répète à ma petite puce de ne sortir que lorsqu’elle sera prête – même si mon impatience grandit de jour en jour et que mon moral s’en ressent.

La pression dans mon bassin est telle que j’ai peine à me tenir debout plus que quelques minutes; marcher, on n’en parle même pas. Comme je crains de prendre le métro, là où personne ne cède sa place aux grosses baleines, je ne sors plus beaucoup. Ça finit par jouer sur le moral. Il y a trois jours, après le souper, j’ai commencé à ressentir une douleur intense du côté droit du bas du ventre. Je pensais que ça passerait avec une bonne bouillotte et des tylenols, mais plus le temps passait, plus la douleur s’intensifiait. Finalement, je n’ai pas réussi à dormir de la nuit, incapable de trouver une position qui ne m’arrachait pas des gémissements de souffrance. Au matin, j’ai appelé à la salle d’accouchement où l’on m’a recommandé de rééessayer le bain chaud et les tylenols, ce que j’ai fait. Après avoir récupéré de peine et de misère deux heures de sommeil, je me suis réveillée en début d’après-midi avec une douleur plus intense que jamais. J’étais épuisée, à bout; j’ai décidé de me rendre à la salle d’accouchement et de me faire examiner. La bonne nouvelle, c’est que la prise en charge a été immédiate: à peine avais-je raconté mon problème au poste des infirmières qu’on m’envoyait dans une chambre privée (!), et en dedans d’une heure, j’avais vu une infirmière, une interne, une résidente et un médecin (tous âgés de moins de 30 ans). Ils étaient tous sympathiques et ont passé pas mal de temps à m’interroger sur mes maux. Ayant écarté les problèmes foetaux car le coeur du bébé battait bien et qu’il n’y avait pas de saignements qui auraient pu laisser présager un décollement placentaire, et rassurés par le fait que mon appendice était déjà enlevée, on m’a diagnostiqué une douleur ligamentaire et recommandé… des tylenols. J’avoue que j’ai failli pleurer quand on m’a refusé un analgésique plus puissant, en dépit du fait que j’étais incapable de dormir depuis 2 jours. À ce moment-là, j’étais vraiment écoeurée d’être enceinte et de devoir subir tous les maux sans pouvoir les traiter avec des médicaments efficaces. Finalement, en m’assommant de tylenols extra fortes, j’ai réussi à dormir la nuit suivante.

Maintenant, je ressens toujours la douleur sur le côté droit, mais elle s’endure. Mais à cause de cette douleur et de la pression du bébé dans mon bassin, je ne suis plus capable de marcher plus de deux coins de rue. Je suis donc clouée à mon divan, le dos très endolori et le bas du ventre tiraillé, le moral pas très fort non plus, rêvant à mon beau petit bébé et à l’été qui s’en vient avec elle dans mes bras et non dans mon ventre!  

On t’attend ma belle princesse!

(Fait divers: pendant que j’écrivais ces lignes, je me suis aperçue qu’elle était couchée d’un seul côté de mon ventre, ce qui faisait qu’il y avait une bosse du côté droit et que c’était tout mou du côté gauche. Bizarre!)